mardi 24 août 2010

bernard (encore !)




Je pré-existe a la conscience que j’ai de moi-même




extrait d'entretien de Bernard




B.J. : Donc c’est le même Amour pour vos petits enfants que pour tout le monde ?

B. : Oui en tant qu’AMOUR c’est le même. Bien sûr.

B.J. : Mais il y a des attachements encore ?

B. : Non ! Ce n’est pas possible ! L’attachement à quoi ? Il faudrait qu’il y ait quelqu’un pour s’attacher et ça c’est fini. C’est une forme particulière qui s’attache à une autre. Si on n’est plus identifié ça ne se produit plus, c’est tout. C’est simple, non ?



mercredi 16 juin 2010

souvenirs





Lorsque j'étais enfant, vers 7 ans (l'âge de raison, dit-on) il m'arrivait, au moment du coucher, de me poser mille questions.

Je me rends compte avec mon regard d'adulte que c'était là des questions existentielles. Mais qui m'ont un peu quittées depuis. Est-ce que c'est ça "grandir"?

Ainsi, je me demandais pourquoi j'étais moi. Et pourquoi pas quelqu'un d'autre ? Il y avait tant de possibilités : pourquoi étais-je moi, dans cette famille, avec ces parents, avec ce petit frère ? Et si j'avais été quelqu'un d'autre ? Ces questions étaient vertigineuses. Je me rendais compte que potentiellement j'aurais pu être plein d'autres personnes.
Je le dis avec mes mots d'adulte : j'aurais pu revêtir plein d'autres identités, plein d'autres personnalités. Je me demandais pourquoi m'étais-je actualisée dans ce corps, dans cette existence, dans cette vie.

Ces questions me tenaient éveillée un certain temps.
Et puis je les ai abandonnées.

Elles me reviennent à présent, comme si elles avaient décanté deux autres cycles de 7 ans, pour revenir maintenant seulement. Mûries, affûtées, enrichies. Quoique.

Je ne peux m'empêcher de faire le lien avec la pensée de Wei Wu Wei, lorsqu'il parle de noumènes et de phénomènes. C'est comme si, enfant, j'avais pris conscience du monde des possibles, du monde des possibles non actualisés.

Ce souvenir m'est revenu ce matin, alors que j'épluchais une orange.
Rien à voir !


samedi 24 avril 2010

Wei Wu Wei




Wei Wu Wei


Beaucoup de gens supposent qu'ils doivent se transformer, devenir quelque chose d'autre, soit un saint ou un sage.

N'est-ce pas une grande erreur et même une grande absurdité ? Celui qui pense ainsi n'est lui-même qu'un phénomène dans un rêve. Il n'est qu'un personnage dans une pièce de théâtre ou une manifestation assujettie au conditionnement appelé « le karma ».

Cette manifestation ou ce personnage de rêve seront obligés de vivre leur rêve, de jouer leur rôle dans le drame et de subir leur « karma » jusqu'à la fin. L'ego qu'ils croient vouloir détruire, et qui semble les tourmenter et les maintenir dans une servitude imaginaire est une part inévitable et nécessaire de leur personnalité de rêve, de leur rôle, de leur « karma ». Ils ne pourraient pas « sembler » exister sans cet ego.

Sa disparition serait la dé-phénoménalisation et elle sera le résultat d'un éveil hors du rêve. La disparition de l'ego n'est jamais un moyen pour arriver à l'Eveil. Le moyen « d'éveiller » hors du rêve réside simplement dans la compréhension de ce que nous sommes. Nous ne sommes pas l'apparence, le personnage de rêve, ni son rôle, ni la marionnette assujettie au « karma ».

Jamais nous ne pourrons nous éveiller hors du rêve en perfectionnant notre « moi » supposé. Nous réaliserons l'Eveil par la reconnaissance de notre « identité » véritable comme la source du rêve, du drame, de la manifestation phénoménale.
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NOTE. — Un « Je » n'est qu'un concept qui s'arroge toutes les impulsions qui se présentent comme des « mois ».

Celui qui pense du point de vue de l'entité qu'il se croit être, n'a pas encore commencé à comprendre de quoi il s'agit.

Ceci est d'autant plus évident, si nous essayons de travailler sur nous-même en ayant présente à l'esprit la notion d'entité. Elle n'est qu'un concept du mental et tout ce que nous faisons avec cette notion fausse, par cette notion fausse et pour cette notion fausse est vain.


Source : http://ventdeveil.blogspot.com/



samedi 20 mars 2010

Pauvre Bouddha





Pauvre Bouddha (ou Gautama, ou Siddharta, ou...).

On t'a fait dire tout et n'importe quoi,
on a dit tout et n'importe quoi de toi,
on t'a traduit, transmis, trahi, loué, bafoué.

On t'a déifié, on t'a porté aux nues, on t'a représenté sous mille traits, sur mille supports, avec mille parures.
Tu as été tour à tour gros, mince, athlétique, maigre, souriant, sérieux, hilare. Tu as pu être sensuel, tout en courbes, ou austère et rigide. Tu as le nez soit plat, soit pointu, soit petit, soit gros, soit rond, soit triangulaire.

On a pu dire de toi que tu étais en chacun de nous.
Que tu étais parfait. Que tu étais le "grand médecin". Que tu étais fin psychologue. Que tu ne savais rien. Que tu savais tout. Que tu devais apparaître 5 fois dans l'histoire de l'humanité. Que tu étais multiple. Que tu étais unique. Que t'avais un super pote, un nâgâ (serpent à 7 ou 9 têtes). Que tu avais été époux et père indigne. Que t'avais fait plein de miracles et que tous les 7 pas, quand t'étais gosse, i poussait un lotus.

On garde jalousement tes reliques à plein d'endroits différents.


bref,
tu es entré dans la légende, comme on dit.

Pour ma part,
je pense que t'es mon poteau. Mon amant/ami intérieur. J'ai une photo de toi (celle-ci) sur mon téléphone portable, et en fond d'écran de mon PC. (Une vraie ado attardée !). Je m'adresse à Toi en rigolant et sur le ton de la plaisanterie. Je te provoque, parfois. J'ai donné tes traits (doux, sereins, un peu ironiques de temps en temps) à la petite voix sage qui me sermonne toujours et qui m'indique ce qu'il faudrait faire ou pas. Je t'imagine terriblement sexy, parce qu'inconscient de ta beauté. Tu m'aimes, et je t'aime. On est un peu fous, tous les deux. Je suis toi et tu es moi. Nous sommes délicieusement différents, et délicieusement semblables. Nous sommes 2 et 1. Parfois je t'envoie balader. Parfois je te demande de l'aide. Parfois je te boude. Parfois je te dis "t'existes même pas alors tais-toi !!". Mais t'as toujours ce sourire en coin. Parfois tu t'absentes. Parfois tu reviens.

Je crois que tu es ma folie ... et c'est génialissime !



lundi 1 mars 2010

Alan Watts





De même qu'il est parfois nécessaire de se taire pour entendre ce que les autres ont à dire, la pensée elle-même doit faire silence pour pouvoir penser à autre chose qu'à elle-même.




mercredi 24 février 2010

La liberté, Joaquim







La liberté, dans son acception commune, c’est la capacité de mettre en œuvre sans contrainte d’aucune sorte les dispositions de sa propre nature. Les choix qu’on opère sur cette base répondent ainsi aux dispositions qui sont les nôtres. C’est une position naïve, bien sûr, qui ne résiste pas à un examen critique. Car comme l’a très bien montré Pierre, ces dispositions qui sont les miennes relèvent toujours, en dernières analyse, de contingences étrangères à ce “moi” qui s’enorgueillit, bien à tort évidemment, d’avoir opéré librement un choix. Il a simplement suivi une pente, et il lui fut d’autant plus aisé de la suivre qu’elle était plus marquée.
Ainsi seulement a-t-on l’impression que le choix coule de source, et ainsi seulement procure-t-il un sentiment de liberté. Une liberté parfaitement illusoire, comme chacun l’a bien vu.
Car un choix, pour qu’il soit vraiment libre, ne devrait pas simplement répondre à des exigences découlant d’une nature qui m’a été prêtée par la biologie et par l’éducation, mais il devrait découler de ma propre nature en tant que je suis “moi”. La question de la liberté rejoint ici la question de la nature de “je”. On en a beaucoup parlé sur le forum: “je”, l’ego. “Je” est ce qui fait que “quelque chose” apparaît, c’est par lui que le monde se dévoile sous la forme d’un monde-pour-moi. Le monde ne prend une apparence qu’au moment où c’est à “moi” qu’il apparaît. Sans “moi”, je ne pourrais rien dire de lui, il serait non-existence. Et pourtant, ce n’est que de lui que je peux dire quelque chose, et nullement de moi. “Moi” n’est que la scène sur laquelle se déroule le théâtre du monde. “Je” suis le spectateur, l’oeil qui regarde, mais qui ne peut se voir lui-même. Car aussitôt qu’on retire tous les éléments de cette pièce, et qu’on laisse la scène vide, il ne reste littéralement plus rien. “Je” n’est rien de substantiel, il n’est qu’une sorte de qualité attachée aux acteurs de ce théâtre, par laquelle ils deviennent “miens”. L’éveil, c’est découvrir que “je” n’est pas qu’une simple scène de théâtre. “Je” se perçoit comme un simple réceptacle, parce qu’il dort. Mais aussitôt qu’il bouge, qu’il s’éveille, qu’il se saisit comme existant, il se découvre comme ce qui fait que le monde est. Les choses sont renversées: ce n’est plus parce que le théâtre du monde se déroule dans ma conscience, que je me perçois moi-même comme être conscient, mais c’est parce que “je suis” que le monde “est”. Les deux termes se révèlent d’ailleurs identiques: “je suis”, “le monde est”. A partir de là, le problème de la liberté apparaît sous un point de vue totalement différent: la liberté n’est plus à voir comme l’expression spécifique d’une insaisissable singularité de ma nature; elle est le jeu toujours neuf qui naît de ma rencontre avec le monde. Voir un objet, le toucher, quand en lui c’est “je” qui se révèle, c’est aller au travers de chaque événement à la rencontre de sa propre liberté. Une liberté qui a bien ce goût qu’on recherchait avant cela sans jamais le toucher vraiment: un jeu totalement gratuit, en même temps que totalement créateur. Les noces par lesquelles le monde m’engendre. Il n’est plus nécessaire alors d’exprimer une hypothétique nature ultime qui serait mienne pour me croire libre, il n’est qu’à naître à travers chaque contact avec le monde.


Source : http://www.cafe-eveil.org/
(posté avec l'aimable aval de Joaquim, merci !)