Affichage des articles dont le libellé est sagesse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sagesse. Afficher tous les articles

vendredi 11 septembre 2009

J. Krishnamurti (2)




La souffrance n'est-elle qu'un mot ou une réalité ?

Si c'est un fait, le mot, au point où j'en suis, n'a plus de sens ; il n'y a plus en moi que la perception d'une intense douleur. Par rapport à quoi ? Par rapport à une image, à une expérience, à quelque chose que je n'ai pas. Si je l'ai, je l'appelle plaisir ; sinon, c'est la douleur. La douleur, la souffrance existent par rapport à quelque chose. Ce "quelque chose", c'est-ce qu'une abstraction habillée de mots, ou est-ce une réalité ? Il est important de savoir ce qu'il est.
De même que la peur n'existe pas en soi, mais est toujours la peur de quelque chose, la souffrance est toujours en relation avec une personne, un incident, un sentiment. Me voici maintenant pleinement conscient de la souffrance. Est-elle distincte de moi, ne suis-je que l'observateur qui la perçoit, ou est-elle "moi" ?



jeudi 10 septembre 2009

J. Krishnamurti (1)




Il n'y a pas d'entité distincte du désir :
il n'y a que le désir, il n'y a pas de sujet qui désire.

Le désir prend des masques différents à différentes époques, selon ses intérêts. Le souvenir de ces intérêts changeants affronte l'inédit, ce qui provoque le conflit, et c'est ainsi que naît celui qui choisit, qui se fonde en entité séparée et distincte du désir.

Mais l'entité n'est pas différente de ses qualités. L'entité qui essaye de combler ou de fuir le vide, l'incomplétude, la solitude, n'est pas différente de ce à quoi elle cherche à échapper : elle est ce vide, cette incomplétude, cette solitude. Elle ne peut pas se fuir elle-même ; tout ce qu'elle peut faire, c'est se comprendre elle-même. Elle est sa solitude, sa vacuité, et tant qu'elle les considère comme étant séparées d'elle-même, elle sera dans l'illusion et les conflits sans fin. Lorsque cette entité fera l'expérience directe du fait qu'elle et sa solitude ne font qu'un, alors seulement pourra disparaître la peur.

La peur n'existe que par rapport à une idée, et l'idée est la réponse de la mémoire en tant que pensée. La pensée est le résultat de l'expérience ; et bien qu'elle puisse méditer sur le vide, avoir des sensations à son propos, elle ne peut avoir la connaissance directe de ce vide. Le mot "solitude", lourd de ses souvenirs de souffrance et de peur, empêche qu'on ait de la solitude une expérience fraîche et neuve. Le mot est souvenir, et lorsque le mot n'a plus d'importance, la relation entre le sujet et l'objet de l'expérience est radicalement différente ; alors cette relation est directe et ne passe plus par le mot, par le souvenir ; alors celui qui fait l'expérience est l'expérience, qui seule libère de la peur.


J. Krishnamurti, Le livre de la méditation et de la vie




lundi 11 mai 2009

Perle II







Debout sur la terre nue,

Ma tête baignant dans l'air limide,

mes regards levés se perdent dans des espaces infinis,

je sens s'évanouir tout mesquin égotisme.

Je deviens une prunelle transparente ;

je ne suis rien ;

je vois tout ;

les courants de l'Etre universel circulent en moi ;

je suis une partie,

une parcelle de Dieu.



Ralph Waldo Emerson




samedi 4 avril 2009

Jean Klein









Un sage n'a pas la moindre pensée d'être une personne quand il agit, sent ou pense. L'ego est totalement absent. L'ego n'est rien de plus qu'une pensée et deux pensées ne peuvent cohabiter simultanément. Aussi l'identification à l'ego ne peut avoir lieu qu'une fois disparue la pensée rattachée à l'objet. C'est alors seulement que l'ego déclare sienne cette pensée. Ce sens de la propriété : «j'ai vu ceci », «j'ai fait cela », intervient après le fait et n'a rien à voir avec le fait. Une fois que ce mécanisme est clairement perçu, vous comprenez que l'identification que vous aviez précédemment prise pour une réalité n'est qu'une illusion. Vous n'êtes pas le propriétaire de la situation pas plus que vous n'en êtes l'esclave. Votre vraie nature est au delà. Le silence de la conscience n'est pas un état, c'est le continuum où tout état, toute chose apparaît et disparaît. Les mots que nous utilisons dans l'état de veille pour parler de ce non-état sont une expression de cette conscience. Quand nous vivons dans la conscience, tout est expression de cette conscience.
Le monde que vous percevez n'est rien d'autre que leur roman de votre imagination, basé sur la mémoire, la peur, l'angoisse et le désir. Vous vous êtes retranché dans ce monde. Voyez cela sans vous jeter sur des conclusions et vous serez libre. Vous n'avez nul besoin de vous affranchir d'un monde qui n'existe que dans votre imagination.






jeudi 2 avril 2009

sagesse et vie





Être sage,

c'est se sentir plus vivant.


Ma cousine vient d'accoucher cet après-midi.
Comme je me suis sentie émue !
Je me suis dit que ce bébé devait être plein de vie.
Ensuite, je me suis fait la réflexion que nous aussi, adultes, nous étions pleins de vie, à l'instar d'un nouveau-né. Pourquoi en serions-nous délestés ?

Prendre conscience que ma cousine avait à présent un fils, cela a éveillé en moi un désir de maternité, un désir de donner la vie.

Mais donner la vie n'est pas seulement enfanter. - d'ailleurs ce n'est pas dans mes projets les plus proches ! -
C'est aussi faire de chaque moment, chaque action, quelque chose de vivant.
Donner son/une emprunte vitale à tout ce que nous entreprenons.



Allez,
Travaux Pratiques avec la vaisselle qui m'attend !


;-)






dimanche 22 mars 2009

Je savoure l'Essence








Le soleil, la lune, les étoiles, l’espace, l’air, le feu, l’eau et la terre, le « mien » et le « tien » - tout cela apparaît en moi. Je suis donc le fondement de la multitude des êtres.


Je savoure l’Essence qui donne à la fois jouissance et délivrance, cette Essence qui brille, indéfinissable, qui embrasse tout, éternelle, débordante de la joie de n’être que Conscience.


Je goûte sans trêve mon propre Soi impérissable, radieux, indéfinissable, qui embrasse tout, éternelle, débordante de la joie de n’être que Conscience.


L’Essence est éternellement réalisée. Elle n’est pas à atteindre ou à réaliser. Celui qui nourrit le désir de (la) réaliser ou de l’atteindre sera toujours autre que Shiva.


Râmeshvar Jhâ, La liberté de la conscience






(source : http://shivaisme-du-cachemire.skynetblogs.be/ )

mardi 24 février 2009

La parabole du fermier et du blé, Osho







La souffrance veut seulement dire que les choses ne cadrent pas avec vos désirs et les choses ne cadrent jamais avec vos désirs, elles ne le peuvent pas. Les choses suivent tout simplement leur nature.
Lao Tzu nomme cette nature Tao, Bouddha l'appelle Dharma et Mahâvîra a défini la religion comme étant "la nature des choses". On ne peut rien y faire; Le feu est chaud et l'eau est froide.
Le sage est celui qui s'abandonne à la nature des choses et lorsque vous suivez la nature des choses, aucune ombre n'est projetée. Il n'y a plus de souffrance, alors même la tristesse est lumineuse, alors même la tristesse a une beauté. Ce n'est pas qu'il n'y aura plus de tristesse, la tristesse viendra mais elle ne sera pas votre ennemie, vous deviendrez son ami parce que vous en comprendrez sa nécessité. Vous serez à même de voir sa grâce et vous serez à même de voir pourquoi elle est là et pourquoi elle est nécessaire.

J'ai entendu une ancienne parabole. Elle doit être très ancienne, car en ce temps là Dieu habitait encore sur terre.
Un jour un homme, un vieux fermier vint le voir et lui dit: "Écoute, il se peut que tu sois Dieu et que tu aies créé le monde, mais une chose est certaine, tu n'es pas fermier. Tu ne connais même pas le b.a.ba. de l'agriculture. Tu as quelque chose à apprendre !"
"Soit" répondit Dieu "quel est ton conseil ?"
Le fermier poursuivit: "Accorde-moi un an et pendant cette année permets que les choses se passent comme je l'entends, puis vois ce qui arrive; la pauvreté disparaîtra !"
Dieu y consentit et une année fut accordée au fermier. Naturellement celui-ci demanda ce qu'il y avait de mieux; pas de tonnerre, pas de vents violents, pas de dangers pour la moisson. Tout se déroulait le mieux du monde et il était heureux. Le blé poussait si bien ! Lorsqu'il voulait du soleil, il y avait du soleil; lorsqu'il désirait de la pluie, il y avait de la pluie; et autant qu'il en voulait. Cette année là tout était parfait, mathématiquement parfait.
Mais lorsque la récolte fut moissonnée, il n'y avait pas de grains dans les épis. Le fermier en fut surpris. Il demanda à Dieu: "Que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui n'a pas marché ?"
Dieu répondit: "Parce qu'il n'y a pas eu de défi, parce qu'il n'y a eu aucun conflit, aucune friction, parce que tu as évité tout ce qui était mauvais, le blé est resté impuissant. Un peu de lutte est nécessaire, les orages sont nécessaires, le tonnerre, les éclairs sont nécessaires. Ils secouent et éveillent l'âme à l'intérieur du blé".

Cette parabole est d'une immense valeur. Si vous n'êtes qu'heureux, encore heureux et toujours heureux, le bonheur perdra tout son sens. C'est comme si quelqu'un écrivait avec de la craie blanche sur un mur blanc; jamais personne ne pourra le lire, vous devez écrire sur un tableau noir alors tout devient clair. La nuit est aussi nécessaire que le jour et les jours de tristesse sont aussi essentiels que les jours de bonheur.
C'est ce que j'appelle la compréhension. Dès que vous comprenez, vous vous laissez aller et dans ce laisser aller se trouve l'abandon. Vous dites: "Que ta volonté soit faite" et aussi "Fais ce que tu penses être juste. Si aujourd'hui il faut des nuages, donne-moi des nuages. Ne m'écoute pas, ma compréhension est minuscule. Qu'est-ce que je connais de la vie et de ses secrets ? Ne m'écoute pas ! Continue à faire ce que tu dois faire !"
Et peu à peu, au fur et à mesure que vous percevez le rythme de la vie, le rythme de la dualité, le rythme de la polarité, vous cessez de demander, vous cessez de choisir.
Voilà le secret ! Vivez avec ce secret et voyez-en la beauté. Vivez avec ce secret et vous serez soudain surpris de l'immensité de la bénédiction de la vie. Quelle abondance vous est offerte à chaque instant !









(piqué sur le blog de Vincent : http://bajochez.blogspot.com/)

lundi 23 février 2009

Mieux comprendre la réalité "l'art de la méditation" de M.Ricard, p 105






Que faut-il entendre par réalité ? Selon le bouddhisme, il s'agit de la nature véritable des choses, non modifiée par les fabrications mentales qui creusent un fossé entre la façon dont les chsoes nous apparaissent et ce qu'elles sont véritablement. Ce désaccord engendre d'incessants conflits avec le monde. Habituellement, en effet, nous percevons le monde extérieur comme un ensemble d'entités autonomes auxquelles nous attribuons des caractéristiques qui semblent leur appartenir en propre. Les choses nous apparaissent comme étant intrinsèquement "plaisantes" ou "déplaisantes", et les gens comme fondamentalement "bons" ou "mauvais". Le "moi" qui les perçoit nous semble tout aussi réel et concret. Cette méprise, que le bouddhisme appelle ignorance, engendre de puissants réflexes d'attachement et d'aversion qui mènent généralement à une kyrielle de souffrances.

Selon l'analyse bouddhiste, le monde résulte du concours d'un nombre infini de causes et de conditions en perpétuel changement. Comme un arc-en-ciel qui se forme au moment précis où le soleil brille sur un rideau de pluie, et s'évanouir dès que l'un des facteurs contribuant à sa formation n'est plus présent, les phénomènes existent sur un mode essentiellement interdépendant et n'ont donc pas d'existence autonome et permanente. La réalité ultime est donc ce que l'on appelle la vacuité d'existence propre des phénomènes animés et inanimés. Tout est relation, rien n'existe en soi et par soi. Lorsque cette notion essentielle est comprise et intériorisée, la perception erronée qu'on avait de notre moi et du monde liasse place à une juste compréhension de la nature des choses et des êtres : la connaissance. Celle-ci n'est pas une simple construction intellectuelle ni un ensemble d'informations ; elle procède d'une démarche essentielle qui permet d'éliminer progressivement l'aveuglement mental et les émotions perturbatrices qui en découlent et, par là même, les cuases principales de notre mal-être.





La vision pénétrante, "l'art de la méditation" de M. Ricard, p 103







Pourquoi est-il si important d'avoir une vision correcte de la réalité ? Cela peut paraître bien théorique, mais ce ne l'est pas du tout. Notre façon façon de percevoir les autres et le monde en général influe considérablement sur notre façon d'être et notre comportement. Nous surimposons constamment au monde notre vision tronquée de la réalité, et les déformations qui en résultent sont autant de causes de frustration et de tourments, puisqu'elles finissent inévitablement par se heurter à la réalité. Combien de fois n'avons-nous pas considéré quelqu'un ou quelque chose comme étant totalement haïssable ? Avec quelle force nous agrippons-nous au "moi" et au "mien", persuadés de la solidité de ces concepts ?

Imaginons maintenant que nous percevions le monde des phénomènes comme un flux dynamique df'événements interdépendants dont les caractéristiques sans cesse changeantes résultent d'innombrables causes et conditions et n'appartiennent pas intrinsèquement aux objets qu'elles définissent. Les concepts de "moi" et de "mien" nous apparaîtraient beaucoup plus fluides et ne feraient plus l'objet de fixations aussi puissantes.

Cultiver la vision pénétrante est donc une pratique essentielle pour éradiquer la souffrance et les incompréhensions fondamentales qui en sont la source.

Pour développer cette vision pénétrante, il est indispensable d'avoir l'esprit clair, concentré et stable, d'où l'importance d'avoir préparé clui-ci par la pratique du calme intérieur, shamatha. Toutefois, comme nous l'avons vu, cette dernière à elle seule ne suffit pas. Shamantha permet d'apaiser momentanément les émotions perturbatrices, mais pas de les éradiquer. Il est donc indispensable d'avoir recours à la vision pénétrante qui permet de reconnaître la nature fondamentale de la conscience, la façon dont les émotions surgissent et s'enchaînent, comment nos fabircations mentales renforcent notre égocentrisme.

La vision pénétrante nous permettra, par l'analyse puis par l'expérience directe, de comprendre que les phénomènes sont impermanents, interdépendants, et de ce fait dénués de l'existence autonome et tangible que nous leur attribuons d'ordinaire. Il en résultera davantage de vérité et de liberté dans notre manière de percevoir le monde. Nous ne serons plus prisonniers de notre vision égocentrique et gérerons plus facilement les réactions émotionnelles engendrées par notre interaction avec qui nous entoure.





Cessons de nous identifier à nos émotions, "l'art de la méditation" de M. Ricard, p 118







La deuxième manière de faire face aux émotions perturbatrices consiste à nous dissocier mentalement de l'émotion qui nous afflige. Habituellement, nous nous identifions complètement à nos émotions. Lorsque nous sommes pris d'un accès de colère, nous ne faisons qu'un avec elle. Elle est omniprésente en notre esprit et ne laisse aucune place à d'autres états mentaux tels que la paix intérieure, la patience, ou la prise en considération des raisons qui pourraient calmer notre mécontentement. Pourtant, si, à ce moment-là, nous sommes encore capables d'un peu de présence d'esprit -une capacité que l'on peut s'entraîner à développer-, nous pouvons cesser de nous identifier à la colère.

L'esprit est en effet capable d'examiner ce uqi se passe en lui. Il suffit pour cela qu'il observe ses émotions comme nou sle ferions pour un événement extérieur se produisant devant nos yeux. Or, la part de notre esprit qui est consciente de la colère est simplement consciente : elle n'est pas en colère. Autrement dit, la pleine conscience n'est pas affectée par l'émotion qu'elle observe. Comprendre, cela permet de prendre de la distance, de se rendre compte que cette émotion 'a aucune substance, et de lui laisser l'espace suffisant pour qu'elle se dissolve par elle-même.

Ce faisant, nous évitons deux extrêmes aussi préjudiciables l'un que l'autre : réprimer l'émotion, qui restera quelque part dans un coin sombre de notre conscience, comme une bombe à retardement, ou la laisser exploser, au détriment de ceux qui nous entourent et de notre propre paix intérieure. Ne plus s'identifier aux émotions constitue un antidote fondamental applicable en toutes circonstances.





mercredi 4 février 2009

coup d'oeil






Ce soir je suis un peu triste.


Allez,

pour ne pas m'embourber,

je lis avec Attention cette phrase dite par Svami Prajnanpad :

Tout est neutre, tout est absolu, chaque chose est comme elle est.
C’est vous qui la faites apparaître bonne ou mauvaise, agréable ou pénible.






lundi 12 janvier 2009

Avoir ? Être ?




Avoir, c'est rajouter quelque chose qui vient de l'extérieur.

Prendre, prélever, saisir.



Être, c'est se pencher sur ce qui est en nous, à l'intérieur.

Le révéler.


Pour Être, nul besoin d'Avoir, donc de prendre autre part !
Tout ce qu'il nous faut pour Être est déjà là, ici.



dimanche 11 janvier 2009

Jean Klein (encore !)

Ce texte est extrait de l'ouvrage de Jean Klein : Qui suis-je, la quête sacrée. Albin Michel 1989


Être humain, c'est être relié. En tant qu'êtres humains, nous vivons en relation avec les éléments: le soleil, la lune, les pierres sur le sol et tous les êtres vivants. Mais qu'est-ce que "être relié ", "vivre en relation avec" signifient? En général, lorsque nous utilisons ces mots, nous voulons dire un lien de quelque sorte entre des entités individuelles, d'objet à objet, ou de sujet à objet. Le mot " relation" présuppose ici séparation, la jonction de plusieurs fractions. Cette vision fractionnelle de la notion de relation est purement conceptuelle. C'est une fiction du mental et cela n'a rien à voir avec la perception pure, la réalité, ce qui est réellement.


Lorsque nous vivons libres de toutes idées et projections, nous entrons en contact direct avec notre environnement. Pratiquement, donc, avant de pouvoir être reliés à notre environnement. nous devons d'abord savoir comment être reliés à ce qui est le plus proche de nous: notre corps, nos sens, notre mental. Le seul obstacle à une perception claire de notre nature véritable est l'idée maîtresse d'être un individu séparé, vivant dans un monde avec d'autres individus séparés.


Nous avons une image de nous-mêmes. Cette image peut seulement être maintenue en rapport avec des objets, elle transforme donc notre environnement en objets, amis, enfants, époux, intelligence, compte en banque, etc., et rentre alors dans ce qu'elle appelle une "relation personnelle" avec ces projections. L'idée fantasque d'un soi est une contraction, une limitation de la globalité, de l'être réel. Lorsque cette notion meurt, nous trouvons notre expansion naturelle, notre paix, notre globalité sans périphérie ni centre, extérieur ni intérieur. Sans notion d'individu il n'y a pas sensation d'être séparé, et l'on ressent une unité avec toute chose.


Nous percevons alors l'environnement comme des occurrences apparaissant dans une globalité sans restrictions. Et lorsque notre amant ou nos enfants quittent la maison, ou que notre compte en banque baisse, ce sont des événements qui se produisent en nous. La vigilance reste constante.


Tout phénomène, toute existence est une expression au sein, de la globalité, et toutes les variétés d'expressions n'ont un sens et un rapport qu'uniquement dans cette lumière. Etre en relation, c'est être en relation à l'intérieur du Tout. Puisqu'il n'y a pas rencontre des fractions dans le Tout, il n'y a pas d' " autre ". Donc, à strictement parler, dans la relation parfaite, il n'y a pas rapport, il n'y a pas dualité - il y a seulement globalité.
Toute perception pointe directement vers notre être premier, vers la paix, le non-état naturel commun à toute existence.

Ainsi, en langage humain, être en relation c'est être en communion avec le Tout. Dans cette communion la soi-disant présence de l'autre est ressentie comme un don spontané, et notre propre présence est une réception spontanée. Il n'y a plus sensation de manque, donc du besoin d'exister, parce que le seul fait de recevoir nous amène à notre ouverture.


Lorsque nous vivons dans l'ouverture la première impulsion est d'offrir.
Etre dans l'ouverture et dans le mouvement spontané d'offrande, c'est l'amour.

L'amour est méditation; c'est une nouvelle dimension donnée à la vie.


Vous dites qu'il n'y a pas d'autre, mais vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a pas de différences entre les gens.

J'ai mon caractère et mes capacités, tout comme d'autres ont les leurs.Vous vivez dans une contraction, pensant que vous êtes un individu. Où les termes " moi " et " mien" trouvent-ils une signification? Lorsque vous regardez vraiment en vous-même, vous ne pouvez pas dire que le corps vous appartient. Vous êtes le résultat de la rencontre de deux personnes, chaque parent avait lui-même deux parents, et ainsi de suite... Toute l'humanité est en vous. Vous êtes ce que vous absorbez. Vous mangez des légumes, du poisson, de la viande; ceux-ci dépendent de la lumière, du soleil, de la chaleur. La lumière est liée à la lune et les étoiles sont toutes reliées entre elles. II n'y a rien de personnel en nous. Le corps est en relation organique avec l'univers, il est constitué des mêmes éléments que tout le reste. La composition des éléments varie, mais cette variation est presque négligeable chez les êtres humains. II se peut qu'il y ait des différences dans la structure ou la couleur, mais la constitution et le fonctionnement sont les mêmes en chacun de nous. Il n'y a rien de personnel dans le cœur, le foie, les reins, les yeux, les oreilles ou la peau, ni dans les éléments qui constituent les schémas de comportement, de pensée, de réactions, de colère, de jalousie, de compétition, de comparaison, etc. Ce sont tous les mêmes états émotionnels. Le corps-mental fonctionne d'une manière universelle, et le soin que l'on doit en prendre est identique chez tous.
Vous devez comprendre et coopérer avec le corps. C'est l'ignorance du mécanisme qui crée le conflit. L'investigation peut seulement être menée dans la vie quotidienne. Votre mental et votre corps se reflètent dans votre comportement du matin au soir. Votre attention doit être bipolarisée, observant les champs intérieur et extérieur.
Les relations sont le miroir dans lequel se reflète votre être intérieur. Soyez conscient d'être un chaînon dans la chaîne de l'existence. Lorsque vous ressentez vraiment cela, l'accent n'est plus mis sur le fait d'être un individu, et vous sortez spontanément de votre restriction. Vous ne vivez plus dans l'isolement, dans l'autonomie. Etre en relation est le pressentiment de la Présence.


Ainsi, l'individu n'existe pas en tant qu'entité isolée; mais la personnalité n'existe-t-elle pas comme une partie unique du tout?


La personne n'est en réalité que persona, masque, cependant elle est devenue synonyme de l'idée d'individu, d'une entité séparée et continue. La personnalité n'est pas la constante que nous imaginons. Ce n'est, en fait, qu'une réorchestration temporaire de tous nos sens, imagination et intelligence, selon chaque situation. Il n'y a pas de répétitions dans la vie, et chaque réorchestration est unique et originale comme les dessins d'un kaléidoscope. L'erreur est de s'identifier à la personnalité, de la conceptualiser dans la mémoire et de nous prendre ensuite dans cette collection d'images cristallisées plutôt que de laisser toutes les émotions, perceptions et pensées se développer et mourir en nous. Nous sommes dans un théâtre, regardant notre propre pièce se jouer sur la scène. L'acteur est toujours " derrière" sa persona. Il semble être complètement perdu dans la souffrance, dans le fait d'être un héros, un amant, un bandit; mais toutes ces apparitions se situent dans la présence globale. Cette présence n'est pas comparable à une attitude détachée, à la position de témoin. Ce n'est pas une sensation d'être séparé,"en dehors ". C'est la présence de la totalité, de l'amour d'où tout découle. Lorsque aucune situation n'appelle l'activité, nous demeurons dans le vide de toute activité, dans cette présence.


Lorsque l'on n'est plus identifié à la personne, comment la vie en est-elle affectée?


La première chose que vous remarquez, c'est combien plus riches et plus profondes sont vos perceptions. La communication en devient d'autant plus variée. En général, nous sommes fixés dans des schémas de communication; mais lorsque nous vivons dans l'ouverture, une grande sensibilité surgit, une sensibilité dont nous n'avons jamais rêvé.

Lorsque nous appréhendons notre environnement à partir de la totalité, notre structure tout entière devient vivante. Nous n'entendons plus la musique seulement avec nos oreilles, parce que quand celles-ci cessent de s'emparer des sons pour elles-mêmes nous sentons alors la musique avec tout notre corps, sa couleur, sa forme, sa vibration. Elle n'appartient plus à un seul organe mais à notre être intégral. Cela engendre une profonde humilité, une innocence. Et c'est seulement dans l'humilité qu'une réelle communication est possible.

Ensuite, l'on vit dans une dimension totalement neuve. Vivre en tant que personnalité, c'est vivre dans la restriction. Ne vivez pas dans la restriction. Laissez la personnalité vivre en vous. Vivre dans l'environnement sans séparation est d'une grande, grande beauté!


Pourriez-vous parler davantage de l'humilité dans les relations humaines?


L'humilité n'est pas quelque chose que vous portez comme on porte un vêtement. Elle n'a rien à voir avec des hochements de tête et des yeux baissés. Elle vient de la résorption de l'individualité dans l'être, dans la paix. Elle vient de la fin de toute agitation. Dans l'attention, dans la vigilance il y a de l'humilité. C'est la réceptivité, l'ouverture à tout ce que la vie apporte. Lorsqu'il n'y a pas de mémoire psychologique, pas d'accumulation de savoir, il y a innocence. L'innocence est humilité.
L'humilité apparaît lorsqu'il n'y a pas référence à un " je ". Ce vide est facteur de guérison, dans toute situation. Heidegger dit " Soyez ouverts à l'ouverture ". Soyez ouverts à la non-conclusion.



Jean Klein






Celui qui brûle de connaître sa vraie nature doit d'abord comprendre qu'il s'identifie par erreur aux objets : «je suis ceci», «je suis cela». Toute identification, tout état, est transitoire, par conséquent sans réalité. Identifier le «je » à ceci ou cela est la racine de l'ignorance. Demandez-vous ce qui est permanent au cours de toutes les phases de la vie. Vous découvrirez que la question : «qui suis-je?» n'a pas de réponse. Vous ne pouvez pas expérimenter ce qui est permanent dans une relation sujet/objet comme quelque chose de perceptible. Vous pouvez seulement formuler et expliquer ce que vous n'êtes pas. La continuité que fondamentalement vous êtes ne peut se traduire en mots ou se rationaliser. Être est non-duel, absolue présence sans éclipse, quelles que soient les circonstances.


Jean Klein, La Conscience et le Monde



jeudi 8 janvier 2009

la Reconnaissance



Abhinavagupta, le plus grand philosophe de la Reconnaissance après Utpaladeva :


" Le système enseigne qu'on atteint le véritable et ultime sujet conscient en menant l'investigation d'une impression de bleu, de plaisir etc. très clairement manifestée à la conscience, jusqu'aux sources de la connaissance : le but ultime de toute prise de conscience déterminée est, (en effet, de prendre conscience du) fait que (toutes ces impressions etc.) reposent en nous-mêmes.

Telle est l'expérience de la liberté absolue du « Je » » (IPP, I,1, trad. L. Silburn).
Lorsque je vois cette table, je peux aussi voir que cette table est dans la conscience par laquelle je la vois. Ainsi, je réalise que je ne suis pas une chose parmi les choses, mais que toutes choses apparaissent en moi. En tant que corps, je suis, certes, une chose parmi d'autres. Mais, en tant que conscience, je suis, comme le Seigneur omniscient et tout-puissant, ce par quoi les choses existent. "


Ainsi, Utpaladeva trace une démarche en trois étapes :

1- Tout ce qui est, est apparence. L'essence de l'objet est l'Apparence, cette lumière (prakâsha) qu'est le fait d'être apparent, personnifié par Shiva.


2- Toute ce qui apparaît est appréhendé dans un acte de conscience. Tout ce qui est, est senti, vécu, expériementé, jugé (vimarsha). Telle est la conscience, personnifiée par la Déesse (Shakti , la Puissance).


3- Enfin, tout acte de conscience est liberté. Nous sommes, en effet, libres au sens fort, c'est-à-dire doués du pouvoir d'accueillir, de voir, de goûter à une infinité d'objets différents de nous, qui sont, en réalité in-différents de nous, tout en demeurant identiques à nous-mêmes. Ce pourvoir de se multiplier tout en demeurant un, d'être différent-dans-l'identité, est la liberté absolue (svâtantrya) de la conscience, synonyme d'étonnement (vismaya, camatkâra), d'émerveillement, de jouissance et de vie.


mardi 6 janvier 2009

l'Amour ... toujours Lui !






J'ai lu sur le blog de I-papy ceci :

L'amour est de notre côté.

C'est tellement ... Juste !


Cela me remue un peu ! (Beaucoup !)

Il n'est pas une réaction, il est une action.

L'amour, pour être heureux, pour Être tout simplement, a-t-il besoin d'être réciproque ?

Non !

Il engage notre Âme, il engage ce qu'il y a en nous de plus (im)personnel. Notre Essence.

Dès lors, puisqu'il est un Don, qu'importe le retour ?


Dur à pratiquer ...
mais nécessaire pour un amour épanoui, Vrai !




mercredi 31 décembre 2008

émotion et sentiment





" L'émotion est un perturbation intérieure. Elle naît du refus de ce qui est. Vous projetez vos peurs et vos désirs sur la réalité, vous déformez les faits, vous interprétez en fonction de l'émotion la situation dans laquelle vous êtes impliqué. Vous ne vivez plus dans le monde réél mais dans votre monde entièrement subjectif. Vous êtes à la merci de l'émotion, incapable de voir les faits tels qu'ils sont, emporté par elle et susceptible de n'importe quelle réaction impulsive et désastreuse pour vous et pour les autres. L'amotion vous manipule comme une marionnette dont on tire les fils. C'est un statut d'esclave. Mais, en attendant que les émotions aient disparu, remplacées par ce que je nomme les "sentiments", le chemin passe par les émotions. Ce n'est pas contradictoire."


Arnaud Desjardin, Premiers pas vers la sagesse




samedi 20 décembre 2008

Texte trouvé dans une église de Baltimore

Va paisiblement parmi le bruit et la précipitation, et rappelle-toi quelle paix peut se trouver dans le silence. Autant que tu le pourras sans te soumettre, sois en bon terme avec tous.
Dis ce que tu crois être vrai tranquillement et clairement, et écoute les autres, même ceux qui sont sots et ignorants ; eux aussi ont leur histoire.


Evite les gens bruyants et agressifs, ils sont un tourment pour l'esprit. Si tu te compares aux autres, tu risques de devenir vaniteux et amer ; car toujours tu trouveras plus grand ou plus petit que toi.

Prends plaisir à tes réalisations aussi bien qu'à tes projets. Garde de l'intérêt pour ta propre carrière, si humble soit-elle ; c'est là ce que tu possèdes réellement dans les changements de fortune du temps.

Sois prudent dans tes affaires, car le monde est plein de duperies. Mais que cela ne te rende point aveugle à la vertu qui s'y trouve ; bien des gens essaient d'atteindre un noble idéal ; et partout la vie s'avère remplie d'héroïsme.

Sois toi-même. En particulier, ne simule pas l'affection. Ne sois pas cynique dans ce qui touche à l'amour, car face à toute aridité et tout désenchantement, il est vivace comme del 'herbe.
Prends avec douceur conseil des années, abandonnant avec grâce ce qui appartient à la jeunesse. Nourris ta force d'esprit pour t'en servir de bouclier dans le malheur imprévu. Mais ne te chagrine pas avec des chimères. Bien des peurs sont engendrées par la fatigue et le sentiment de solitude.

Va plus loin avec une saine discipline tout en montrant de la douceur envers toi-même.Tu es un enfant de l'Univers, tout autant que les arbres et les étoiles. Tu as le droit d'être ici. Et que cela soit clair ou non pour toi, l'Univers suit sans aucun doute le chemin qui doit être le sien. Ainsi, sois en paix avec Dieu, quelle que soit l'image que tu t'en fasses et quels que soient tes travaux et aspirations, reste en paix avec toi-même dans la grande confusion bruyante de la vie.

Malgré toutes ses tromperies, ses corvées et ses rêves brisés, le monde est beau. Sois attentif. Efforce-toi d'être heureux.


mercredi 17 décembre 2008

le Regard

Ne jamais se satisfaire d'effectuer nos tâches avec mécanisme, automatisation.

Nous ne sommes pas des robots !

Lors d'un petit boulot d'été, je devais accomplir du travail à la chaîne, c'est-à-dire mettre des boîtes petites dans des boîtes grandes, mettre ces boîtes grandes sur un chariot, mener le chariot là où ils seraient ensuite enrubannés, recharger les machines ... etc.

Au début, ma stratégie pour ne pas m'ennuyer était de vaquer à mes pensées. Mes doigts connaissaient le travail, mes pas aussi. J'étais un vrai robot, même si dans ma tête mille pensées se bousculaient.

Cependant je me suis rendue compte que le temps ne passait pas vite du tout ainsi !
D'autant plus que je sentais que cette activité avait un effet nocif sur moi : je me sentais régresser !

J'ai décidé d'être donc attentive à tous mes gestes.
J'ai réussi à transformer ce travail répétitif en quelque chose de finalement assez méditatif, dans la mesure où je n'avais qu'à me concentrer sur mes gestes, mettre toute ma conscience dans mes mouvements.

Le temps est passé vite alors !

Et quel repos pour mon esprit, de n'avoir à réfléchir sur aucune surface de pensée ... !

dimanche 14 décembre 2008

l'Accueil


Savoir recevoir, accueillir.
Un vaste projet,
Celui de toute une vie !
Lundi dernier, en montant une rue à bicyclette -quel délice dans le bouche, ce mot un peu vieillot !- j'aurais renversé une vieille femme si je n'avais pas relevé la tête à temps.
Loin d'être effarouchée ou en colère, la personne m'a adressé un sourire chaleureux tout édenté.
Je l'ai reçu et il m'a émue, suffisamment pour que je sourie le reste de la montée. (Alors que wow c'était duraille pour mes gambettes !).
Je crois qu'il y a de cela dans la sagesse.
Accueillir ce qui vient, que ce soit un bien ou un mal. D'ailleurs, que cela signifie-t-il, bien ou mal ? ce n'est qu'affaire de jugement, de subjectivité. Ce qui arrive Est, simplement.
Pourquoi lutter ?
Y porter un qualificatif ?
Se laisser porter, là est l'Essentiel.
Il y a à apprendre de tout ce qui arrive.
Savoir en tirer l'Essence, (les Sens ?), le Sens.
:)