Vendredi soir, en levant les yeux de mon balcon, voici ce que j'ai vu ... je crois qu'on ne peut s'empêcher de sourire devant ces bulles colorées, comme on ne peut s'empêcher de sourire devant les premiers flocons.
Mon problème est que je souhaite l'éveil pour mon petit confort personnel, pour que mes souffrances (pas toujours si futiles) s'effacent, pour mon bien-être psychologique.
Je le vois comme un avoir. Un avoir pour un mieux-être... mais peut-on faire de l'être avec de l'avoir ?
Je sens que je dois travailler le terreau de mon désir. Mon problème ne se situe même pas au niveau du comment faire (ou ne pas faire d'ailleurs) mais du pourquoi ! (et du pour quoi aussi tant qu'à faire).
Pourquoi est-ce que je veux être heureuse ? pourquoi ai-je des idées préconçues sur la meilleure façon d'être heureuse ? pourquoi est-ce que je pense que le bonheur s'obtient par le biais de certaines choses (amour, travail intéressant, loisirs...). La course au bonheur est la plus grande arnaque de ma vie, le poids le plus lourd sur mes épaules, l'écran le plus opaque entre le Réel et moi.
J'ai une barre à mine et je remets tout à zéro en ce moment. Je suis Bhaivara ! Pas de repères, pas de bouées, pas de phares, pas de références.
j'ai eu un gentil mot de Dimitri qui me disait que cela faisait longtemps que je n'avais pas nourri mon blogue de châtaigne ... eh oui, c'est vrai, ça fait 2 mois !
L'inspiration me manque un peu en ce moment pour partager certaines choses. Juste un petit mot pour dire que je me sens très Shiva en ce moment. C'est le temps de la destruction, de la déconstruction. Brahma ne doit pas être très loin...
La logothérapie est une psychothérapie destinée à responsabiliser l'individu sur le sens de sa vie. Elle est considérée comme la "troisième école viennoise de psychothérapie" focalisée sur le besoin de sens, alors que la psychanalyse freudienne est centrée sur le principe de plaisir et que celle d'Alfred Adler se cristalise sur la volonté de puissance individuelle.
Le fondateur de la logothérapie Viktor Frankl utilise l'approche holistique d'un individu pour lui faire prendre conscience du sens de sa vie.
La logothérapie diffère de la psychanalyse sur l’étiologie sexuelle des névroses et sur le problème de la religion. En effet, Frankl dénonce l'esprit de croisade contre les croyances en considérant que la névrose individuelle pourrait être l’expression d’une religion refusée.
La logothérapie postule que tout être humain est doté d'une motivation primaire qui l'oriente vers le sens de sa vie. Aussi, le thérapeute n'est pas là pour indiquer la direction au patient mais de l'aider à reconnaître les valeurs qui l'attirent et à réaliser son entéléchie, c'est-à-dire les meilleures possibilités inscrites dans sa situation concrète.
Frankl estime qu'une des principales causes de névrose est la perte de sens. Il défend la thèse selon laquelle l'inconscient est principalement d'essence spirituelle car "lorsqu'on trouve un sens aux événements de sa vie, la souffrance diminue et la santé mentale s'améliore". Au-delà de l'instinct de plaisir, la nature profonde de l'Homme le conduit vers la réalisation morale. C'est dans son expérience des camps de concentration que Frankl a développé cette interrogation sur le sens.
Viktor Frankl ne considère pas que l’homme soit le jouet de ses propres pulsions. Il s'oppose aussi au béhaviorisme car l'Homme n'est pas complètement déterminé par son contexte social. En tant qu’être humain l’homme peut choisir librement sa perspective, sa position et son attitude face aux conditions intérieures et extérieures de son existence.
Cette nuit, après avoir éteint la lumière, allongée sur le ventre, je voguais/vaquais à mes pensées ... elles m'emportaient ... quand une quinte de toux m'a subitement ramenée à la réalité.
Et alors quelque chose de primordial s'est passé : j'ai eu une appréhension nue (je sais que cela a été employé à de nombreuses reprises mais là c'est l'adjectif qui me paraît le plus parlant) de la réalité. Sans projection (si ce n'est de microbes, krkrkrkr), sans interprétation. Libre, donc. Cela ne s'est déroulé que pendant un temps qui me paraît à présent très court. Comme un voile qui se déchire ... mais qui aussitôt s'est refermé. C'était comme si ma toux avait ramené la réalité à elle-même.
Je bénis donc la crève que m'ont filée mes petits patients, sans elle... (enfin, qui sait, j'aurais pu éternuer et ça aurait eu le même effet !).